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Les liberaux sont les veritables humanistes (II)

17-07-2006, Patrice Vezine, trackback, lien permament

Le libéralisme suscite cette peur enfantine de l’abandon et fait monter en puissance une aspiration à la sécurité. Cette philosophie émancipatrice est victime d’un détournement de deux concepts : la liberté et la dignité humaine.

D’abord, plusieurs décennies de formatage constructiviste des pensées ont défini la liberté comme un assistanat sécurisant garantissant des droits financés par la solidarité nationale. Une délégation de la responsabilité individuelle vers l’Etat a confirmé l’amputation de la notion de liberté. En effet, être libre c’est avoir les moyens de sa propre liberté. Ces moyens sont d’ordre financiers, matériels et légitimeraient un droit au travail et à la subsistance octroyé par une politique étatique dite sociale. Ainsi, la liberté de chacun se mesurerait à la capacité d’une politique à organiser la redistribution des richesses répondant aux exigences morales de la dignité humaine.

La dignité humaine est perçue comme le droit à une vie décente pour tous qui permet ensuite d’identifier la grandeur d’une civilisation par l’épaisseur de sa législation sociale. Cela assimile immédiatement toute velléité politique libérale à l’instauration de la sauvagerie humaine, la liberté individuelle n’étant que l’alibi des égoïsmes et du cannibalisme des plus forts.

Nous, libéraux, sommes maintenant confrontés à la confiscation par l’idéologie collectiviste des concepts de liberté et de dignité humaine. Le cœur, au sens de la manifestation généreuse et altruiste du dévouement individuel, est désormais victime de la monopolisation étatique de la bonne conscience, au service des biens pensants clientélistes érigés en professionnels de la politique. La générosité ne trouve son sens que dans une guerre des tranchées au nom de la lutte des classes.

Cette manipulation des esprits se résume à cette célèbre expression : « Diviser pour mieux régner ». En effet, son objectif non avoué est de diviser les individus afin que règne l’Etat, transcendant les intérêts particuliers au service d’un idéal censé définir l’intérêt général. A l’image de parents surprotecteurs imprimant dans la conscience des enfants la peur de la vie hors du foyer, l’Etat pose un toit sécurisant au dessus des individus à l’abri des tempêtes de la mondialisation libérale.

Comment expliquer que le combat libéral est précisément celui pour la liberté et la dignité humaine ?
Qu’est-ce que la vision libérale de la liberté et de la dignité humaine ? La possibilité pour l’Homme de disposer de son libre-arbitre afin de saisir les opportunités qui amélioreront sa condition. La dignité consiste à ne rien devoir à personne et se fonde sur la fierté de ses propres efforts et de son mérite.
Par conséquent, une politique respectueuse de la liberté et de la dignité humaine est une politique qui favorise le libre-choix, met en valeur le libre arbitre et laisse fleurir les opportunités pour chacun. Elle fonde la dignité sur la reconnaissance des mérites et l’épanouissement des talents. Elle redéfinit un Etat de droit qui protège les individus contre l’arbitraire et veille à ce que la liberté des uns ne s’exerce pas au détriment des autres par ses fonctions régaliennes de police et de justice. Et lorsque les aléas de la vie garent des individus sur le triste parking de l’exclusion, elle peut baliser un parcours de la deuxième chance vers l’autoroute d’une vie meilleure à conquérir dans la dignité retrouvée de la responsabilité individuelle.

A la lutte des classes, nous préférons opposer à tous les pouvoirs des contre-pouvoirs. Les syndicats sont des contre-pouvoirs indispensables à la condition qu’ils fonctionnent démocratiquement, en toute transparence, et qu’ils adoptent le principe de la négociation constructive. Le patronat, il faut aussi le rappeler, a des responsabilités sociales et écologiques qu’il convient aussi de souligner fortement. Il n’est pas anormal qu’un individu défende ses intérêts par le biais d’un syndicat dans la mesure où ses intérêts ne sont pas confondus avec des privilèges acquis sur le dos de la collectivité et au détriment du plus grand nombre. Et si nous voulons voir les entrepreneurs acquérir davantage de responsabilité sociale, cessons de leur donner des primes à l’embauche qui leur permettent d’utiliser de nombreuses formules de contrats précaires pour piocher à leur guise dans le rayon des demandeurs d’emploi. La flexibilité, la contractualisation volontaire sont des chances pour les individus de se réaliser. Les réglementations, les politiques dirigistes en faveur de l’emploi à coup de primes, la complexification du code du travail créent la précarité, l’exclusion, la misère.

Il ne s’agit pas pour nous de défendre les pauvres. Non, nous sommes bien plus sociaux que cela : nous voulons donner l’opportunité à un pauvre de ne plus l’être dans une société de liberté, du libre-choix et de la responsabilité individuelle. Car nous sommes attachés à la valeur inestimable représentée par la dignité humaine.

Face à la mondialisation, l’Etat pose un toit fissuré, des murs lézardés et des barrières en bois pour protéger les individus. Notre ambition sociale est de rendre les individus plus forts, plus créatifs, plus responsables, servis par un Etat modeste mais efficace afin que la mondialisation épouse les valeurs de l’humanisme.

Et l’humanisme ne peut être que libéral.

Patrice Vezine est Conseiller Principal d’Education et Responsable régional d’Alternative Libérale, le département Marne.

 

Un commentaire pour “Les liberaux sont les veritables humanistes (II)”

  1. benjamin jacquet a commenté:
    03-05-2007 23:05

    Article tres interessant sur ce qu’est le bon sens de la responsabilité humaine au sein du liberalisme economique, ce que malheuresement encore trop peu de personne conçoivent.
    J’ai 19 ans, et j’ai toujours participé aux debats que celui de la politique liberale, laisser faire, laisser agir le marché, et j’avou que le modele Danois de la flexi-securité est le type meme de la reussite liberale.
    En revanche, la citation « Diviser pour mieux régner » n’était pas si necessaire ici à mon gout, étant donné que Le Prince de Machiavel constitu le livre de chevet de Monsieur Sarkosy.

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