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De l’avortement volontaire

01-08-2006, Simon Aubert, trackback, lien permament

Il est de bon aloi aujourd’hui de considérer l’avortement comme un droit acquis (de haute lutte grâce au combat des forces progressistes contre la réaction bourgeoise patriarcale), que l’on ne peut remettre en cause sans attenter à la liberté des femmes. On ne parle même plus d’ailleurs de liberté d’avorter, la liberté ayant mauvaise presse en France, mais de « droit à l’avortement ». Qu’est-ce qu’un « droit à quelque chose » sinon un faux droit consistant à imposer à d’autres individus la garantie de ce droit, ce qui se traduit ici par l’obligation faites à la société de payer les frais médicaux, baffouant le droit de propriété? A l’instar de ce qu’écrit Henri Lepage (PDF), il s’agit là d’

[…] une philosophie subjectiviste du droit, où chacun a en quelque sorte droit à tout ce qu’il désire pour autant qu’il réussit à en convaincre ceux qui maîtrisent l’agenda politique. Apparemment, on a droit à ce qu’on veut, et ce qu’on veut a droit d’être reconnu comme un droit universel de l’homme.

On ne peut être plus clair: le droit « créance » à l’avortement doit être combattu sans ambiguïté par les partisans de la liberté.

Je souhaiterais m’aventurer maintenant plus en avant en abordant –suicidaire que je suis- la liberté d’avorter, sujet hautement polémique, y compris au sein même de la communauté libérale, transcendant les diverses familles. Il apparaît comme fallacieux de reprocher un libéral sa position au motif d’une hérésie philosophique, à rebours de ce qu’imaginent bon nombre de nos détracteurs: douter du libéralisme de Grunert ou de Rothbard n’a aucun sens. Ce qui distingue le libéral se retrouve dans les arguments employés et non dans la conclusion finale, ainsi que nous le verrons par la suite.
Caractérisons rapidement l’objet de mon raisonnement: l’Interruption Volontaire de Grossesse, consistant à provoquer l’expulsion de l’embryon ou fœtus humain. Aux alentours de 200 000 femmes y’ont recours chaque année en France(source: Institut National d’Etudes Démographiques), soit une conception sur 5, chiffre stable depuis 1975, année de la dépénalisation entérinée par Simone Veil. Encore une fois, notre social-démocratie crachotante a cédé à l’appel du capharnaüm relativiste dans l’élaboration de la législation: hésitation sur le statut aux yeux du code pénal, durée de validité pendant l’aménorrhée changeant selon la volonté du législateur sans aucune justification rationnelle digne de ce nom. Contre ce droit positif insensé, il s’agit dorénavant de déterminer une (je ne prétendrais pas qu’elle soit unique) position logique, cartésienne. A titre préventif (est-ce vraiment nécessaire?), je rappelle que l’embryon doté d’un génome humain complet (46 chromosomes en 23 paires) ne saurait être comparé à un spermatozoïde ou un ovule, tous deux haploïdes (un seul exemplaire des 23 types de chromosome).

Alors que l’argumentation utilitariste domine l’opinion publique, force est de constater son impertinence du moment que l’on pense l’être humain à naître comme un individu doté de droits -point sur lequel je reviendrai -. Si effectivement on ne peut nier qu’un enfant ou une grossesse non désirés s’avèrent trop souvent une gêne, cela ne donne aucune légitimité à l’exécution brutale du fœtus, de la même manière que l’entrave à mon ambition professionnelle que constitue un collègue brillant ne me donne aucun droit sur sa vie. Sous cet angle, les remarques inquiètes sur le sort de l’enfant à naître ou sur sa conception parfois violente sont rapidement écartées: d’un côté, le fœtus n’a aucune responsabilité dans le viol de sa mère, de l’autre, le choix entre la mort assurée et une vie potentiellement malcommode n’appartient à personne sinon à l’intéressé. Sachez mesdames, mesdemoiselles et messieurs les bien-pensants qu’une enfance malheureuse ou un handicap n ’amène pas inexorablement à une vie miséreuse. Moult exemples illustrent cette vérité oubliée dont Samuel Moore Walton, lequel n’aurait pas compris qu’on veuille l’empêcher, en 1918, de fonder Wal-mart dans les années 60 malgré une jeunesse difficile.

Je soulignais, à juste titre, que mes objections au point de vue utilitariste s’appuyaient sur un fœtus ou un embryon vu tel « un individu doté de droits », id est un être humain. Reste le plus difficile: déterminer la place de l’Homme en devenir, à savoir à l’intérieur ou en dehors du cercle de l’être humain. Ceux qui le placent en dehors arguent habituellement du fait que l’embryon ou le fœtus sont dépourvus de conscience, de par la non-finition des système nerveux et cérébraux au cours des premiers mois de grossesse. Outre qu’établir une limite, une date d’apparition s’avère hasardeux, que l’on ignore à quel type de conscience (sensation? spontanée? éveil de l’organisme? conscience de soi? intellectuelle? phénoménale? morale?) on fait référence, une analogie possible avec un individu plongé dans un coma (sans même prendre la mort cérébrale) démontre, à mon sens, la caducité de cette thèse. Plus rares, certains soutiennent que la dépendance à la matrice maternelle, l’incapacité d’action dépouilleraient le fœtus de son statut d’être humain. Je procéderai ici aussi par analogie: il convient de distinguer le gui de son hôte –parfois un autre gui- et notre individu dans le coma reste bien humain. J’ai adopté pour ma part le point de vue que je qualifierais d’ « évolutivo-phénotypologique » de Marc Grunert. Posons que l’enfant est un être humain, il en est de même pour le bébé et par là du nouveau-né. A la frontière entre le nouveau-né et le foetus (la naissance), il y a pour ainsi dire un changement de lieu et de rapport entre la mère et enfant, sans influence sur la nature même du sujet, entre le fœtus et l’embryon un changement de nom. Affirmant avec Ashley Montagu que "The basic fact is simple: life begins not at birth, but at conception.", je n’en reste pas moins modeste sur ma faculté à convaincre qui que ce soit, ou à être convaincu par quiconque.

Face à ce doute sur la nature d’être humain de l’enfant prénatal, il convient de se ramener au problème initial: peut-on le prendre pour « un individu doté de droits»? François-René Rideau (Faré) admet son essence humaine tout en lui refusant des droits, dissociant ainsi l’être biologique de la personne juridique, en totale contradiction avec le jusnaturalisme qui accorde à chaque être biologique des droits « naturels et inaliénables». Je ne ferais pas l’affront à ce libéral brillant de démontrer que l’on pourrait justifier n’importe quel meurtre avec une telle dichotomie.Pour ma part, je me garde de cet écueil saillant pour pourvoir au fœtus comme à l’embryon les mêmes droits naturels qu’à l’enfant garantissant sa non-agression: il devient propriétaire « au repos » de son corps tandis que ses parents possèdent un droit de « propriété fiduciaire » sur lui (à charge pour eux d’agir dans l’intérêt de l’enfant) jusqu’à ce qu’il soit responsable (en cas de désaccord entre les deux parties, un tribunal trancherait- mais je m’éloigne de mon sujet).

Murray Rothbard, suivi par de nombreux libertariens, se passe de ces considérations délicates jugeant que l’embryon parasite sa mère dont il viole le droit de possession du corps. J’avoue partager cette analyse lucide. Rothbard en déduit à priori logiquement un droit de « légitime défense » face à cette agression. Je crains que cette conclusion manque de sagacité: l’enfant n’a pas choisi d’agresser et, disons-le clairement, on le lui a imposé. Ne portant pas la responsabilité de l’état de sa mère, il ne peut en être puni:

L’enfant a des Droits a priori parce qu’il est un être humain, et que lui, […] n’a rien fait qui justifie qu’on le force à y renoncer, en tout ou partie - c’est là la pertinence du fait qu’il n’a rien choisi

écrit très justement François Guillaumat.

Cette confrontation des droits maternels et de ceux de l’enfants tournent donc selon ce raisonnement au bénéfice de l’enfant. De quelle manière satisfaire les deux parties? La plupart des libéraux pro-life ont foi en l’éviction, théorie basée sur l’existence d’utérus artificiel défendue entre autres par Christian Michel

J’avais quelques amis à dîner l’autre soir, et la conversation portant sur ce même sujet, j’émis l’avis que l’utérus artificiel serait le moyen de résoudre le problème. L’embryon y serait transféré aussitôt que détecté s’il violait la propriété de la femme sur son ventre. Ni meurtre pour ceux qui le jugent ainsi ; ni transgression, inconfort ou danger pour ceux qui mettent en avant les droits de la femme ; et incidemment, les droits du père, dont on ne parle pas dans la question de l’avortement, sont respectés aussi.

Mes espoirs reportés de cette manière sur le progrès technique pour apporter satisfaction à chacun, je persiste donc à soutenir la criminalité de l’avortement enfanticide contre les vents et marées plébéienne ou pseudo-intellectualiste.

 

Simon Aubert est étudiant à l’Université Paul Sabatier et membre de Liberté Chérie dans le comité Toulouse où s’occupe des actions (organisation des conférences, des manifestations et des réunions des militants) et du site de l’association. Il participe également au projet Liberté Chérie Etudiant, une filiale en construction destinée aux étudiants et lycéens.

 

11 commentaires pour “De l’avortement volontaire”

  1. Rhea a commenté:
    03-08-2006 13:08

    Je m’excuse pour l’absence des accents dans le texte qui suit. J’ai pas eu le temps a apprendre qu’est-ce qu’il faut faire pour les inserer.

    On topic.

    Il me semble, Monsieur Aubert, que vous etes un homme de fortes convictions. Une autre opinion que la votre sur l’avortement est qualifiee a priori comme plebeienne ou pseudo-intellectualiste.

    Dans ces conditions, je trouve ridicule d’objecter. A quoi ca sert, d’ailleurs, a nous demander si l’embryon est deja un etre humain, avec tous les droits qui résultent d’un tel statut? On peut repondre “oui” ou “non”. On peut avancer des centaines d’arguments, dont aucun ne conduit a la verite, car il ne s’agit pas de la verite ici, mais d’une option morale.

    Il suffit quand meme, Monsieur Aubert, de nous addresser a la langue et au bon sens, pour obtenir une reponse bien simple. L’embryon (le foetus) n’est pas encore un etre humain, il est un etre humain en embryon :). Voila pourquoi il s’appelle “embryon” ou “foetus” et il ne s’appelle pas “homme”. Il devient homme au moment de sa naissance, car c’est a ce moment-la qu’il commence a vivre independemment de l’organisme maternel.

    La vraie question, donc, est: faut-il lui accorder les droits d’un etre humain? Oui, dites-vous. Tres bien. C’est un choix de nature ethique, comme je viens de dire, et je ne veux pas le combattre.

    Mais avez-vous pense, Monsieur Aubert, a tirer toutes les consequences qui derivent de vos premisses? Je ne le crois pas.

    Voila un exemple.

    Un chauffeur tue un homme dans un accident d’auto. Il est amene devant le tribunal; si les circonstances sont aggravantes, il risque la prison.

    Une femme enceinte descend les escaliers; elle n’est pas attentive; elle tombe. A cause de cet accident, elle avorte. La grossesse est interrompue involontairement.

    Question: Est-ce qu’il y a un seul pays dans ce monde ou la lois punit les interruptions accidentelles de grossesse? Evidemment, la reponse est: non. La pratique sociale et juridique montre qu’il y a une grande difference entre l’homicide involontaire et l’embryocide involontaire.

    Mais pas pour vous, Monsieur Aubert! Si vous menez jusqu’au bout votre raisonnement, qui accorde le meme statut a l’homme et au foetus, vous devriez proposer un changement dans le systeme legislatif. La femme est aussi coupable que le chauffeur. Ils sont coupables de meurtre, tous les deux. La loi devrait les punir de la meme maniere, n’est-ce pas?

    Je me demande pourquoi personne – sauf un fanatique, peut-etre – ne serait d’accord avec le changement de la loi. Qu’en dites-vous, Monsieur Aubert?

    P.S. Obliger une femme violee a porter pendant neuf mois dans son ventre le fruit du viol, c’est degoutant. Si le foetus n’est pas responsable du viol, la femme n’est pas responsable, elle non plus, du malheur qui lui est arrive.

  2. Simon Aubert a commenté:
    03-08-2006 13:08

    Bonjour Rhéa,

    Tout d’abord, je me dois de vous éclairer sur ma position: oui, je considère que l’embryon est un être humain, j’avance des arguments pour étayer mes propos…mais comme je l’explique, on peut montrer le contraire avec d’autres arguments. Bref, j’accorde le “bénéfice du doute à l’embryon”.

    “Si vous menez jusqu’au bout votre raisonnement, qui accorde le meme statut a l’homme et au foetus, vous devriez proposer un changement dans le systeme legislatif. La femme est aussi coupable que le chauffeur. Ils sont coupables de meurtre, tous les deux. La loi devrait les punir de la meme maniere, n’est-ce pas? ”

    Le chauffeur ne sera puni que s’il a pris des risques délibérés (en France, si il a violé le Code de la Route)-c’est-à-dire s’il est directement responsable de l’accident-. Or, dans le cas de votre femme enceinte, il est impossible de déterminer “un manque d’attention”, une erreur volontaire. Ici, ce sera la femme qui bénéficiera du doute.
    Pour autant, je vous concède que c’est un problème difficile à trancher et sur lequel je me pencherai sans doute plus en détail dès mon retour de vacances. (d’ici une ou deux semaines donc).
    Bien à vous

  3. fff sucking a commenté:
    06-08-2007 21:08

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  4. fff mature a commenté:
    06-08-2007 23:08

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  5. fff shaved a commenté:
    07-08-2007 01:08

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    07-08-2007 03:08

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    07-08-2007 10:08

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  9. Le charognard a commenté:
    14-02-2008 14:02

    Je ne suis pas trop d’accord avec le fait qu’un embryon soit un humain. Je ne pense pas qu’on puisse le considérer comme humain.
    En fait, il existe un moment où une activité cognitive se développe chez l’embryon, et c’est quand son système nerveux est formé et s’active à peu près au moment où il devient foetus.

    Or, est-ce qu’on peut parler d’un humain lorsqu’il n’a pas d’activité cognitive? Quand il y a un mort cérébral, peu importe le fait que les organes autour puissent vivre, branchés comme l’embryon est branché dans le ventre de la mère, on considère qu’on a affaire à un mort. Ce n’est plus un humain mais un cadavre. Ce n’est plus qu’un amas de matière. L’embryon est la même chose, mais à l’envers. Ce n’est qu’un amas de matière, il ne pense pas, il a des chances de croitre pour devenir humain, comme les deux gamètes séparées ont des chances de se rencontrer pour donner un embryon. Ce qui arrive à un objet avant qu’il devienne un humain ne porte atteinte à aucun individu, puisque pour être un individu, il faut avoir le pouvoir d’intéragir, de comprendre son environnement, même de façon minime. L’embryon, c’est un objet qui n’est pas un humain qui croît, c’est une entité vivante de même niveau cognitif et interactionnel qu’une plante verte qui PEUT devenir humain.

    Par conséquent, je pense qu’on doit, contrairement à ce que vous pensez, définir une limite, avec une marge confortable de sécurité, laisser avorter les femmes jusqu’à une certaine période de la grossesse.

  10. Le charognard a commenté:
    14-02-2008 15:02

    Je n’avais pas fini et je ne m’étais pas relu.
    Bon… Vous dites que vous rejettez les idées de ceux qui arguent:
    “Le manque de finition du système nerveux empêche l’embryon (et le foetus jusqu’à un certain stade) d’être humain”

    Vous rejettez cette idée en donnant plusieurs arguments, quelques mineurs (« outre le fait que ») et un majeur.

    Le majeur est celui-ci (il me semble)

    « on peut faire l’analogie entre le comateux et l’embryon. On ne tuerait pas un comateux, on ne doit pas tuer un embryon. »

    Erreur de prémisse! L’analogie n’est pas valable entre le comateux, qui a une activité cérébrale, et l’embryon. Et même s’il n’en avait pas durant son coma, on devrait le considérer comme humain sans qu’une analogie soit possible avec un embryon. Pourquoi? Parce qu’à la différence d’un embryon, le comateux serait – disons – en « veille ». Il y aurait une continuité de sa personne entre l’avant coma et l’après coma.

    Prenons un comateux sans activité cérébrale (imaginons qu’il n’en ait aucune). Sa vie a été interrompue par son coma, mais peut reprendre par la suite, à son réveil. Ce coma n’est qu’un intervalle de temps d’inactivité cérébrale, mais la vie que le comateux vivrait après ce coma reprendrait la vie commencée avant ce coma. Et si nous prenons des temps se rapprochant de l’infiniment petit, on peut imaginer que nous avons tous des intervalles de temps de quelques milliardièmes de seconde d’inactivité cérébrale, nous pourrions tous être des mini comateux sans le savoir.

    Chez l’embryon, ce n’est pas du tout la même chose. Il n’y a pas de continuité de la vie entre un avant et un après, puisqu’il n’y a pas d’avant. Un homme naît dès qu’il y a activité cérébrale. (enfin, vous parlez de toute une typologie de consciences, mais que peut-il exister d’un homme sans mémoire et sans possibilité de sentir?)

    L’avant, chez un embryon, n’existe pas. Et sa période de « coma », pour reprendre l’analogie que vous avez faite, est infinie. Cette période de « coma » débute au début des temps.

    Avec ce que je viens de dire, vous n’êtes pas d’accord. D’après ce que vous avez dit, vous pensez certainement que ce « coma » débute lors du lien de deux gamètes haploïdes vers une cellule-oeuf diploïde. C’est pour vous l’instant T où il débute.

    Mais c’est vous qui fixez, de façon totalement arbitraire, cette barrière. Outre le fait que de distinguer un objet de son monde environnant est quelque chose d’arbitraire (où commence l’objet? quelles sont ses limites?), quelle est la différence fondamentale entre deux gamètes séparées et la première cellule oeuf?
    Les deux ont des chances de donner un être humain. Pas dans les mêmes proportions, certes, mais c’est toujours pareil, à partir de quelle valeur, de quelle probabilité P qu’une chose ou un ensemble de choses donne un humain dans le futur doit-on fixer la barrière entre la chose et l’homme?

    Tout atome pouvant entrer dans la constitution d’une cellule oeuf EST un humain en devenir, peu importe la faiblesse de ses chances de le devenir, les chances existent.

    Donc, pour fermer cette longue parenthèse en concluant, l’embryon n’est qu’un objet parmi d’autres, objet qui a une probabilité de devenir humain (peu importe qu’elle soit forte ou pas), mais qui ne l’est pas.

    Nous n’avons pas le devoir de respecter ce que vous pourriez appeler un « humain en devenir », car un nombre quasi infini de choses dans ce monde constitue, avec des probabilités plus ou moins fortes, des humains en devenir, de la carotte au morpion, du résidu de branlette au morceau de nuage.

    Et si vous tenez véritablement à la limite que vous avez arbitrairement fixé à l’instant T de la formation de la cellule oeuf, vous devriez étendre vos revendications à l’interdiction du port du préservatif lors d’un rapport entre un homme fécond et une femme en ovulation… Car la probabilité d’obtenir un humain est quasiment aussi importante que lorsqu’on a une cellule oeuf déjà formé dans le ventre d’une femme.

    En bref, tuer un comateux, c’est plus grave que tuer un embryon. Tuer un comateux, c’est faire disparaître une personne qui existe encore.
    Tuer un embryon, ce n’est tuer personne.

    Attaquons nous maintenant à vos arguments mineurs.

    En ce qui concerne la limite de temps de gestation pour le droit d’avorter, dont le danger d’une fixation arbitraire vous paraît constituer, à juste titre, un risque de tuer un être déjà devenu humain.

    On sait situer dans un intervalle de temps relativement court la période de formation de ces systèmes nerveux et cognitifs, il suffit de fixer une limite avec une marge de sécurité confortable pour s’assurer de n’avorter QUE les embryons et foetus dont le système nerveux n’est pas formé.

    En ce qui concerne le système nerveux et la typologie des consciences que vous faites, je ne vous pose qu’une question (sincère, répondez-y).
    Les sensations et la mémoire sont liés au système nerveux et cognitif, au corps.
    Je vous demande alors, qu’est-ce qu’un esprit sans sensation ni mémoire?

    Personnellement, (et je tiens peut être ça comme une évidence à tort, à vous de me le dire), je ne doute pas un seul instant qu’un esprit sans sensation ni mémoire n’existe tout simplement pas.

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